Après les lessiviers, avant les volaillers, c'est le cartel des yaourts qui a été démantelé

Après les lessiviers, avant les volaillers, c’est le cartel des yaourts qui a été démantelé

yaourtsL’autorité de la concurrence a encore sévi.
Ce sont cette fois-ci les produits laitiers qui sont mis à l’amende.
Le 12 mars dernier, la sanction tombe, 192 millions d’euros. Comparés au 15,2 millions d’euros infligés en ce début mai pour des motifs similaires au cartel de la volaille, on peut comprendre que les industriels soient sous le choc.

Condamné à 46 millions d’euros d’amende, le groupe Senoble accuse l’organisme de vouloir le mettre en faillite.
Lactalis affirme, face aux journalistes de Complément d’enquêtes, que cette entente est due à la hausse des prix du lait. Il dénonce la pression des distributeurs vers des prix toujours plus bas et pour résister, ils sont contraints de s’allier…
Il est d’ailleurs à noter qu’entre 2006 et 2012, période pendant laquelle le cartel des yaourts sévissait, non seulement le prix du lait n’a pas augmenté, mais il a même beaucoup baissé, notamment en 2009 en pleine crise.

Avec des amendes de 56,1 millions, Lactalis et Nestlé sont les plus touchés, du fait de leur taille.
On trouve également dans ce cartel une filiale d’Andros, Novandie, ainsi que les Maîtres Laitiers du Cotentin, Triballat, Yéo Frais, Laîta, Alsace Lait et Laiterie de Saint Malo.

Comme pour les lessiviers, il y a eu un dénonciateur dans le cartel : Yoplait.
Ces derniers participaient bien en catimini à des réunions dans des brasseries de quartiers durant lesquelles les industriels s’accordaient sur une hausse unilatérale des prix des yaourts de marques distributeurs qu’ils fabriquaient pour les différentes enseignes.
Des informations étaient également échangées par téléphone, des numéros de portables secrets et des factures où leurs noms n’apparaissaient pas.
On est en plein Bismuth Gate ;).
Lors de ces conversations téléphoniques, ils s’informaient des hausses de prix et s’accordaient sur les augmentations annoncées.
Des pactes de non agression statuaient aussi sur les répartitions de volumes de manière à ce que chacun conserve ses positions respectives.

Yoplait a finit par envoyer à l’autorité de la concurrence un carnet secret d’un de ses salariés. En notes manuscrites étaient inscrits les changements de prix des différents groupes avec la liste des produits concernés. Un manège qui a duré pendant 5 ans. Yoplait en dénonçant l’alliance auquel il a participé bénéficie de la clémence de l’autorité de la concurrence et échappe à l’amende.

Senoble a également avoué, après coup. Son amende a été diminuée de moitié.

Vous connaissez le dilemme du prisonnier ?…

Toutefois l’autorité de la concurrence reconnaît que la variation du prix du lait et la pression des grands distributeurs qui représentent près de 92% des ventes de produits laitiers en France étaient difficile à gérer pour les industriels.
D’autant plus qu’en ce qui concerne la MDD c’est la grande distribution qui est aux manettes. Elle décide de toutes les modalités de ses appels d’offres.

Suite à cette condamnation, Senoble, s’est finalement retiré du marché MDD trop déficitaire.