Gaspillage alimentaire, faut-il légiférer ?

Gaspillage alimentaire, faut-il légiférer ?

image-gaspillage-alimentaireLe gaspillage alimentaire ravive certaines préoccupations gouvernementales.
Petit rappel de la situation actuelle et des changements à venir.

Chaque année, ce sont 200 tonnes de déchets qui sont produites dans chaque grande surface de France.
Sur un peu plus de 10 000 points de ventes, cela représente 2 millions de tonnes de nourriture jetées dans notre pays par an. Des chiffres tellement énormes qu’ils en donnent le tournis !
Chacun d’entre nous jette en moyenne 20 à 30 kg de nourriture par an, dont 7 kg encore emballée !

Sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, cela nous fait 140 kg par habitant par an, l’équivalent de 17 stades de France.
Et pour être très bassement matériel, c’est environ 400 euros par foyer par an. Ça parle toujours un peu plus quand on en vient à toucher au porte-monnaie ;-)…

Les mesures gouvernementales

Un constat sans appel qui montre que même si la tâche pourrait être ardue, il est temps de prendre les choses en mains.

En décembre 2014, un élu des Hauts de Seine, Arash Derambarsh, menait une opération de récupération des invendus d’un supermarché de sa commune afin que des bénévoles les redistribuent aux plus nécessiteux. Trois fois par semaine, pendant deux mois, ils ont collecté l’équivalent de 500 euros de nourriture à chaque ramasse. D’où la nécessité d’une loi afin de légaliser ces actions.
Depuis Avril, le sénat autorise donc les supermarchés et hypermarchés à distribuer leurs invendus alimentaires à des associations.
Une mesure, incluse au projet de loi Macron, plébiscitée par les sénateurs qui l’ont adoptée à l’unanimité.
Cet amendement permet aux magasins de commerce de détail de plus de 1000 m² de « mettre en place une convention d’organisation de la collecte sécurisée des denrées alimentaires invendues encore consommables au profit d’une ou plusieurs associations d’aide alimentaire ».

Les enseignes jouant le jeu bénéficieront d’une défiscalisation.
L’idée étant qu’au moins 60% de la valeur des dons puisse être déductible de l’imposition.
En échange les distributeurs s’assureraient de la conformité des dons sur la base d’un cahier des charges établi : packaging en bon état, date de consommation respectant x jours…

Reste à présent à le faire adopter par l’assemblée nationale au mois de Juin.

En parallèle le 14 Avril, le député PS de la Mayenne Guillaume Garot a rendu un rapport au 1er Ministre sur le gaspillage alimentaire.
36 mesures y sont égrainées en vrac, depuis l’optimisation du packaging industriel à la promotion du doggy bag chez le restaurateur en passant par l’interdiction pure et simple pour le distributeur de javelliser des denrées encore comestibles afin de les rendre impropres à la consommation.
C’est aujourd’hui la voie de l’autorisation qui réunit les faveurs par rapport à l’obligation contraignante, de quoi probablement alimenter quelques belles campagnes de communication dans les prochains mois visant à se (dé)montrer plus belle que sa rivale…

Les Start-up n’ont pas attendu les mesures gouvernementales….

L’entreprise les gueules cassées revend des fruits et légumes qui n’ont pas trouvé grâce aux yeux des grandes surfaces, victimes de délit de faciès.
Intermarché avait bien mené une action l’an dernier pour proposer des légumes et fruits non conformes aux « calibres » à moindre prix.
Mais la startup a de quoi s’approvisionner en masse et la demande existe. En effet, beaucoup de consommateurs peu regardants à l’aspect et plus à leur porte monnaie, et peut-être aussi parfois engagés dans une chasse aux gâchis y trouvent leur compte.

Le service zéros gachis référence des produits à consommer rapidement, disponibles à proximité, et qui bénéficient par conséquent d’une forte réduction, pouvant aller jusqu’à -70% ! Certains magasins sont partenaires et mettent en avant un rayon spécifique de produits à dates courtes. Une initiative intéressante même si à l’heure actuelle, seulement 48 magasins en France sont devenus partenaires. Un coup de visibilité ne peut faire que du bien 😉

Autre service cette fois ci destiné aux professionnels, mister-collect. Il permet de recycler gratuitement les huiles de friteuses et les bio déchets dans toute la France.

Il existe une myriade de start-up dans cette mouvance, à tel point qu’une proposition circule en ce moment dans les couloirs de l’assemblée pour créer, à l’image de l’Ademe pour l’environnement, une agence dédiée à l’anti-gaspillage.
Une tendance à suivre donc…

Rapport Garrot Gaspillage Alimentaire à télécharger, 1.2 Mb