Sanction record pour entente illicite sur les prix

Sanction record pour entente illicite sur les prix

ententedphCe n’est pas la première fois que ces ententes sur les prix entre groupes industriels font la une.

Il y a 3 ans déjà, le président de l’Autorité de la concurrence, organisme créé en 2009 et dont les moyens ont été renforcés pour lutter contre de telles dérives, condamnait les 4 principaux lessiviers Unilever, Procter & Gamble, Colgate-Palmolive et Henkel pour s’être mis secrètement d’accord durant plusieurs années sur les prix fonds de rayons et promotions de leurs produits vendus en France.

En adoptant la même stratégie lors des négociations commerciales avec les enseignes de la distribution les fabricants ont imposé un niveau de prix plus élevé aux consommateurs finals.
La politique de prix étant convenue, les règles de concurrence pure et parfaite étaient faussées par cet oligopole de circonstance.

Et si le préjudice ne peut pas être précisément chiffré, ils ont tout de même été condamnés à verser 361 millions d’euros d’amendes.

L’entente sur les prix entre industriels est interdite par la justice au titre du principe de libre concurrence qui vise à encourager les fabricants à contenir leurs marges en innovant pour réduire leurs coûts. Un cercle qui se veut vertueux.

Mais voilà que ces 4 mêmes fabricants viennent à nouveau d’être pris la main dans… la récidive. Cette fois-ci dans les secteurs de l’entretien (nettoyant ménager, produits lave vaisselle, désodorisant) et de l’hygiène (savons, déodorants, shampoing, dentifrice…).
Et deux autres acteurs seraient également impliqués : l’Oréal pour l’hygiène et SC Johnson pour l’entretien.
Tombé une nouvelle fois sous le joug de l’Autorité de la concurrence, l’amende prononcée le 18 décembre a atteint le niveau record de 950 millions d’euros répartis entre les différents protagonistes !

Ce sont des participants à ces ententes qui ont dénoncé les faits punis par cette condamnation. Des faits qui se seraient déroulés entre 2003 et 2006.
En effet, afin de faire un peu plus de lumière sur ces pratiques cachées, l’Autorité de la concurrence a mis en place une prime à la délation ou à la repentance.
Ainsi, la société qui sera la première à coopérer avec la justice en dénonçant ses agissements sera exonérée d’amende.

C’est ainsi que SC Johnson et Colgate Palmolive échapperaient l’amende.

Si à ce jour la majorité des fabricants inculpés ont avoués les faits, L’Oréal a pour sa part refusé de reconnaître sa responsabilité.
Le groupe fait d’ailleurs actuellement appel de l’intégralité des décisions de justice prononcées à son encontre en première instance.