Chez Carrefour, les prix sont moins chers en drive qu'en magasin

Chez Carrefour, les prix sont moins chers en drive qu’en magasin

Le service Carrefour DriveEn Avril 2014 Linéaires se faisait l’écho d’une drôle de polémique.
Leclerc Luisant, près de Chartres, affirmait alors que les prix des produits de son concurrent Carrefour étaient affichés moins chers en drive que ce que le consommateur ne les trouverait en rayons.

Il s’appuyait alors sur une liste de 40 produits pour lesquels l’écart de prix constaté sur relevés pouvait atteindre 35 % de différence !

Carrefour justifiait à l’époque la coexistence de deux stratégies dissociées selon ses canaux de distribution pour un panier moyen globalement équivalent.
Ainsi, sur le drive, pas ou peu de promotions au profit d’une dynamique de prix bas sur une majorité de produits. En hyper, en revanche, des prix plus disparates assortis d’opérations commerciales percutantes.

Si dans l’environnement professionnel, la pratique, bien qu’elle fasse grincer des dents, peut encore s’entendre, pour les consommateur c’est totalement inconcevable !
Comment peut-on, en effet, accepter qu’un même produit soit vendu à deux prix différents par un même magasin, selon qu’on y accède par son drive ou par les allées du supermarché ?
D’autant que le drive requiert un service supplémentaire : le picking des produits en rayons et leur acheminement jusqu’au coffre de notre véhicule. Le libre-service serait-il plus onéreux ? On ne me voudrait plus en rayon ? On ne voudrait plus flatter mon consumérisme primaire en titillant mes bas instincts d’acheteur impulsif ?
C’est à n’y plus rien comprendre !

Mais en y regardant plus finement, on peut se demander s’il ne serait pas au contraire bien question d’attirer le chaland.
Car la comparaison de prix amont au travers des drives semble se généraliser chez le consommateur.
Un facteur économique également ; de moins en moins de relevés comparatifs sont effectués directement en magasins. Pour des raisons de fiabilité déjà. Et de fraîcheur d’informations aussi. Mais également pour des raisons de coûts, un robot coûtant beaucoup moins cher qu’un humain qui lui, n’a de plus pas toujours l’autorisation d’accéder aux linéaires du point de ventes.
Carrefour aurait-il donc la volonté de s’offrir une vitrine online Low Price ?

Voilà un an, Olivier Dauvers mettait en lumière la disparition discrète et progressive opérée par Carrefour de sa communication marketing : « même prix qu’en magasin », « la gratuité, un service offert par votre magasin ».
Dès lors, Michel Edouard Leclerc, s’engouffrant dans la brèche entrouverte, attaquait frontalement sur son blog : « Carrefour se cache derrière une politique-prix plus offensive sur ses drives, alors que ceux-ci ne pèsent que 200 à 300 millions d’euros dans son chiffre d’affaires. L’essentiel du business se fait en magasin, mais l’enseigne soigne principalement ses prix de drives pour donner l’impression d’être concurrentielle ! »

L’impression ! Le mot est lâché.

Carrefour joue donc un numéro d’équilibriste limite borderline.
En effet, si l’enseigne est assurément consciente que la médiatisation du phénomène dépassera rapidement la sphère professionnelle, elle semble miser sur une balance économique favorable entre publicité comparative avantageuse contre bad buzz.
Un pari osé, risqué même.

Mais comme disaient les autres, cela ne nous regarde pas 😉
Enfin, si ! Un peu tout de même…