La publicité comparative chapitre justice

La publicité comparative chapitre justice

guerreDernier chapitre en date de la guerre des prix entre enseignes, le tribunal de commerce vient de donner raison à Intermarché en condamnant Carrefour à lui verser la somme de 800 000 euros. La raison une publicité comparative jugée mensongère

Flashback sur les tribulations de nos trublions de la publicité comparative.

  • 2006: Leclerc met en ligne quiestlemoinscher, 1er comparateur de prix de la grande distribution.
    Après plusieurs décisions administratives de fermetures, la cour de cassation met un terme, le 19 Janvier 2010, à 3 ans de procédures judiciaires engagées par Carrefour contre Leclerc en validant finalement le mode de fonctionnement du comparateur quiestlemoinscher.
  • 2010 : Leader Price pointe le bout de son nez avec une campagne choc où sont montrés 3 tickets de caisse de trois enseignes : Carrefour, Leader Price et Leclerc.
    Carrefour est annoncé 34% plus cher et Leclerc 22%.
    Leclerc n’est plus le seul à détenir les clefs de la publicité comparative et Leader Price est le premier à comparer des paniers composés d’achats habituels. A cette époque, l’ensemble des discounter (Leader Price, Aldi, Lidl…) sont absents du comparateur de Leclerc qui se concentre uniquement sur les grandes marques
  • Octobre 2010 : Leader Price est condamné à verser 300 000 euros à Carrefour car les chariots comparés entre les deux enseignes ne sont pas assez représentatifs. Dans le même temps, Carrefour se lance également dans la publicité comparative, visant spécifiquement Leader Price mais aussi Lidl.  Il compare 25 produits du quotidien avec sa gamme Carrefour discount
  • 2011 : Leclerc compare ses MDD sur quiestlemoinscher. Il remporte son procès contre Lidl qui avait porté plainte pour utilisation de sa marque Milbona comparée à la MDD eco + de Leclerc, arguant du fait que les produits n’étaient pas strictement identiques
  • 2012 : Carrefour lance une opération avec la garantie de prix sur 500 produits de grandes marques
  • 2013: Auchan amorce sa campagne pour les produits à 1 euros et en profite pour mettre à mal les publicités comparatives qui opposent systématiquement Leclerc, Carrefour,  Intermarché et Système U.
  • 2013 : Leclerc modernise son comparateur de prix en réactualisant les prix au moins une fois par semaine via des données aspirées depuis les drives de ses concurrents. Il en profite pour déployer ses premières bornes interactives en magasins
  • 26 juin 2014 :  Serge Papin, président de Systeme U parle de poker menteur :
    « La politique agressive du prix bas menée par certain groupe comme Casino qui était un des plus chers avant , entraîne tout le monde vers le bas. Nous attendons tous de savoir quelle sera la première enseigne qui se « couchera ». Sauf qu’il y a des milliers d’emplois en jeu ! » ( propos recueillis dans une interview sur lsa conso).
  • A la même époque, le premier Ministre Manuel Valls reçoit un courrier de la fédération du commerce et de la distribution (FCD) signée de Auchan, Carrefour, Casino et des discounteurs Lidl et Aldi. Faisant écho à la lettre adressée par des représentants agricoles et d’entreprise agroalimentaires, des propositions pour arrêter la spirale infernale de la guerre des prix y sont détaillées. Les distributeurs en profitent ainsi pour s’engouffrer dans la brèche en proposant d’interdire les comparateurs  de prix comme celui de Leclerc qui ne fait qu’alimenter cette guerre. La réaction de Michel Edouard Leclerc ne se fit pas attendre en affirmant qu’il excluait toute éventualité de suppression de son comparateur tout en promettant d’en améliorer la méthodologie et la lisibilité. Des progrès restent en effet à faire quant à la méthodologie de quiestlemoinscher.
  • Enfin dans une interview donnée à LSA, ce 19 janvier 2015, Georges Plassat, PDG de Carrefour, témoignait que « La France est le pays le plus concurrentiel qui soit. Chaque enseigne se doit d’être compétitive, notamment en termes de prix. »

Après ces multiples rebondissements, il est fort à parier que la publicité comparative ait encore de « beaux » jours à vivre.