Leclerc nous prendrait-il pour des cons sommateurs ?

Leclerc nous prendrait-il pour des cons sommateurs ?

Qui est vraiment le moins cher mon cher Watson ?

Car la dernière offensive de l’enseigne Leclerc a de quoi laisser perplexe :
« Carrefour dit qu’il est moins cher sur ce produit, en moyenne en France. Mais vous n’habitez pas en moyenne en France »
Pourtant, quel matraquage publicitaire avons-nous subi à grand renfort de « Leclerc est en moyenne le moins cher ».
S’agit-il donc enfin d’une prise de conscience, certes tardive, mais louable ?
Serait-ce dû à l’apparition de nouveaux acteurs proposant de nouveaux services plus en phase avec les besoins du consommateur à l’aide de technologies plus modernes ?
Quoiqu’il en soit, l’enseigne n’a plus de cesse de citer en référence son comparateur de prix quiestlemoinscher.

pour faire ses courses à l'économie

Le consommateur devra t’il additionner le prix de chacun de ses produits un par un avant de connaître le prix à payer de sa prochaine liste de courses ?

Alors arrêtons-nous un instant sur ce fameux comparateur.

Leclerc a mandaté un prestataire informatique pour relever chaque semaine les prix de certains concurrents identifiés par l’enseigne, essentiellement parmi ceux disposant d’un drive.
1403 magasins concurrents sont comparés à 571 magasins Leclerc sur 15469 produits qui constituent l’assortiment global.

Première interrogation, le panel produit.
Le nombre de produits comparés avec chaque concurrent se situe entre 402 à 6034 Gencod (codes barres EAN13 ou EAN8).
Sur quelle base est établi le choix des produits comparés pour chaque magasin ?
Car en réalité, le nombre de produits en détention commune entre chaque magasin Leclerc et son concurrent est nettement supérieur.
Il n’est donc pas tabou de se demander si la sélection des produits ne serait par induite par un intérêt d’affichage prix plus favorable à l’enseigne.

Seconde interrogation : quelle crédibilité accorder aux annonces prix ?
Les prix sont relevés chez les concurrents entre 1 et 6 jours avant de l’être chez Leclerc.
Pourquoi ce délai alors que Leclerc dispose de ses propres prix au jour le jour ?
Et comme on constate régulièrement autour de 1.000 modifications entre deux relevés effectués par Leclerc d’une semaine sur l’autre, les prix sont clairement modifiés chaque jour.
S’agirait-il du temps nécessaire à un ajustement opportun des prix pour communiquer sur quiestlemoinscher.com ?
Plus délicat encore, les prix des produits ne sont pas toujours très fiables.
Ainsi, les relevés du 28 novembre 2014 faisaient état de plusieurs produits vendus à… 0,00€ par Leclerc, comme par exemple la brique d’1L de soupe paysanne 4 assiettes, aux légumes cuisinés au lard déshydratée Knorr !
Si le positionnement prix de Leclerc est incontestable en moyenne, ce style d’accommodements rend aisé de s’annoncer moins cher que n’importe lequel de ses concurrents.
Enfin, certains comparatifs demeurent sur le site internet de quiestlemoinscher avec une antériorité (écrite en tout petits caractères) non représentative pour le consommateur (SEO oblige ?), alors même qu’ils ne sont plus présents sur l’application mobile (et inversement ;)).

Troisième interrogation : les concurrents sont-ils sélectionnés à l’avantage de Leclerc ?
Il existe plus de 3100 drives en France à ce jour.
Les magasins concurrents apparaissent et disparaissent régulièrement des panels.
Comment expliquer que ni le périmètre des produits, ni celui des magasins comparés ne soit stables ?
Car si on peut facilement comprendre qu’on ajoute 20 nouveau concurrents le 30 décembre dernier, pourquoi en supprimer 11 autres le même jour ?

Plusieurs de nos clients, directeurs de magasins du groupement Système U Alsace notamment, ont disparu du panel Leclerc depuis le début des collaborations que nous avons engagées individuellement avec chacun d’entre eux.
Le différentiel de prix ne serait-il plus à l’avantage du parangon du prix bas de la grande distribution ?