Petite réflexion sur le suremballage …

Petite réflexion sur le suremballage …

Le suremballage consiste à ajouter un emballage à un objet déjà emballé.

A quoi sert un suremballage ?

L’emballage a des objectifs différents :
Par exemple, un étui cartonné autour d’un aliment surgelé facilitera sa prise en mains par le consommateur en l’isolant du froid et permettra à l’industriel d’en améliorer les délais de conservation en le préservant des variations de température.

Ses visées sont donc :

– Marketing : un bon packaging améliore les ventes et le repérage du produit grâce à une affirmation  de son image et de son identité de marque,
– Logistiques : un calage antichoc, une manutention facilitée d’un pack, un code barre accessible…
– Informatives : il sera plus aisée d’imprimer une recette ou la composition d’un produit sur son suremballage rigide plutôt qu’à même un sachet souple…

L’emballage reste donc la première expression de la marque sur le lieu de vente

L’emballage est un outil de séduction.
Quelques efforts de design peuvent rapidement dynamiser les ventes. En effet, lorsque les innovations sont difficiles sur le produit, son fabricant le différencie bien souvent par un nouveau packaging comme en témoignent bons nombres d’innovations observées lors du SIAL.
L’enjeu est de sortir du lot, d’être visible dans les linéaires, en se différenciant de ses concurrents.
Il peut donc vite devenir délicat de trouver le bon équilibre entre réalités économiques et volontés d’éthique.

Est-il possible de limiter le suremballage ?

Face au mécontentement grandissant et devant répondre aux critiques de consommateurs de plus en plus avertis, exigeants et attentifs à la tenue des promesses qu’on leur fait, distributeurs et fabricants ont engagé des premières mesures pour limiter les impacts négatifs qui découlent de tout excès. 2,5 millions d’emballages sont rejetés quotidiennement.
On a vu ainsi apparaître aux caisses de nos supérettes des sacs payants, réutilisables et recyclables en lieu et place des bonnes vieilles « poches » distribuées gratuitement.
Une mode du recyclable qui atteint aussi les emballages. Les boîtes d’œufs sont à leur tour réutilisables : la Meibox, fabriquée par le producteur allemand Christoph Hönig avec 100% de polypropylène, un plastique recyclable….
Des emballages qui se veulent utiles : souples, sous vide, sous atmosphère modifiée ou protectrice… et qui ont vocation à améliorer la protection des aliments contre l’humidité en plus d’être ergonomiques.
La consigne revient en grâce. Ainsi allons-nous avancer une certaine somme d’argent qui nous sera remboursée à restitution de l’emballage vide.
L’éducation scolaire de nos chères têtes blondes insiste elle aussi lourdement sur les bienfaits du tri sélectif, leçons qu’ils distillent à leur tour à leurs parents en rentrant à la maison.

L’emballage devient donc intelligent.
En embarquant une puce électronique, en offrant des technologies de réalité augmentée, en favorisant l’identification radio (RFID), on pourra bénéficier directement en linéaire, selon un usage tout ce qu’il y a de plus personnel, d’informations concernant l’origine du produit, sa composition, ses caractéristiques organoleptiques, allergisantes… tout en limitant le besoin en suremballage informatif.

On peut se demander ce qu’il restera bientôt de nos bonnes vieilles pelures d’oignons, suremballage tout ce qu’il y a de plus naturel s’il en est 😉

  • Bonjour,
    Je souhaite faire un petit commentaire sur cette petite réflexion, que je trouve pour ma part très pertinente.
    Le domaine de protection du contenu par l’emballage est logique et normal surtout pour l’alimentaire (contact avec denrées) le suremballage est parfois nécessaire. Ce qui l’est moins, à mon avis, c’est celui des autres emballages qui oblige un volume de présentation ainsi que des étiquetages adhésifs qui bien souvent n’ont pas de fonction de protection ou d’information sur le produit. Exemple : Jouets (Plastron-Supports-Thermoformage-Plastiques divers-Cartonnages) souvent indestructibles puisqu’il sont destinés aux enfants.
    Aussi, je pense qu’un bon emballage est réfléchi et reste coûteux. Alors, la réutilisation peut être une alternative à l’amortissement du coût sur plusieurs rotations. Et je pense avoir une solution.
    Je vous invite sur – http://reusepack.blogspot.fr/
    Cordialement. L’inventeur.

    • Bonjour Francis, l’inventeur 😉
      Content que cet article ait retenu votre interet et que vous le manifestiez de la sorte.
      Je crois donc comprendre que vous proposez une nouvelle approche d’un emballage « durable ».
      C’est en effet une option qui fait vraiment sens dans la mesure ou il serait difficilement imaginable de penser totalement s’en affranchir.
      Par curiosite, vous mentionnez la reutilisation comme une alternative favorisant l’amortissement du cout d’emballage au dela d’un certain seuil de rotation. Ce que j’entends bien et peut concevoir. Mais cela implique donc la mise en place d’une logistique appropriee de recuperation des emballages utilises.
      Avez vous deja imagine quelles solutions mettre en oeuvre pour garantir un seuil de rentabilite global de l’ensemble des operations ?
      Moyennant quoi, l’approche proposee irait dans le bon sens des choses !
      Au plaisir donc d’en comprendre toujours plus…
      Thierry

  • Bonjour Thierry,
    Je comprends votre curiosité à vouloir comprendre le processus car en effet, pour la crédibilité de l’invention je me devais de répondre aux critères logistiques, qui par ailleurs ne me sont pas demandés dans le cadre technique du brevet.
    Pour autant, il ne serait pas raisonnable de développer l’ensemble des moyens logistiques à mettre en œuvre ici.
    Je vais cependant en tracer les grandes lignes et pour cela, vous m’en voudrez pas de choisir un domaine d’application relativement simple pour développer le concept : le courrier. (Ce qui ne réduit en rien la méthode et reste applicable dans bien d’autres domaines).
    1- L’emballage possède une immatriculation à vie pouvant être lue par l’homme et l’informatique.
    2- L’expéditeur est connu de l’organisme postal sous un numéro expéditeur.
    3- Le destinataire est connu de l’organisme postal sous un numéro destinataire.
    L’organisme postal possède donc les données d’expéditions nécessaires afin d’envoyer le courrier au destinataire sans pour cela lire une adresse inscrite sur l’enveloppe. (Données d’expédition = Expéditeur/Enveloppe/Destinataire)
    Une fois l’enveloppe arrivée à destination, une remise à zéro est effectuée par l’organisme postal.
    Aussi, si le destinataire le souhaite, il peut devenir expéditeur de cette enveloppe pour n’importe quel autre destinataire.
    Par contre, s’il ne le souhaite pas, il peut déconsigné l’enveloppe auprès de l’organisme postal qui aura au préalablement pris une consigne et un affranchissement auprès de l’émetteur (entreprise ou personne motivant la récupération de l’enveloppe).
    Cette récupération est motivée par les coûts dus aux objectifs de durabilité et eco-conception mais aussi des moyens techniques de traçabilité. Il peut par exemple aisément être amortit par le packaging et l’annonce publicitaire faite sur l’enveloppe.
    Pour ce qui est du seuil de rentabilité, je cherche d’abord à engager une étude de marché auprès des étudiants dans le commerce et le marketing.

    En espérant avoir répondu au mieux à vos questions.

    Francis, l’inventeur.

    • Bravo Francis,
      L’idée parait en effet assez séduisante concernant une logistique flux.
      J’ai encore un peu de mal, j’avoue à imaginer comment cela serait applicable à une logique de packaging sur produits de consommation de tous les jours, mais vous y avez certainement déjà pensé !
      En tous les cas, je suis certain que le sujet pourra intéresser un groupe en école de commerce, ou pourquoi pas même une promotion de spécialistes en logistique comme l’ISLI, à Bordeaux qui fait partie du groupement BEM, l’IML ou autres.
      Ce sera un plaisir d’avoir des nouvelles de votre projet, tenez-nous informés !
      TF