L’huile de palme, entre enjeux économiques et perspectives d’une réalité durable

L’huile de palme, entre enjeux économiques et perspectives d’une réalité durable

Décortiquer les étiquettes des produits transformés que l’on achète en grande surface, quelle plaie.

Pourtant, on en a parlé, de plus en plus de personnes présentent allergies ou intolérances alimentaires.
Mais notre besoin comme notre attente de consommateur de base ne s’arrête pas là.
C’est parfois aussi le choix d’éviter pour une raison quelconque un composant particulier : du parabène dans mes shampooings, des OGM dans mon maïs, de l’huile de palme dans mes plats cuisinés…

L’huile de palme, justement, parlons-en.
La forêt indonésienne, comme celle d’Amazonie est un des poumons de la planète. Aujourd’hui, ce sont des milliers d’hectares qui sont incendiés pour être remplacés par des palmeraies. Des palmiers destinés à répondre à la demande de production d’huile de palme des industriels de l’alimentaire.
Un produit sur 10 qui orne les étagères de nos supermarchés en contient. C’est l’huile la plus consommée au monde, 25%, en raison d’une part de son rendement exceptionnel qui tire son prix vers le bas, d’autre part parce qu’elle est l’une des huiles végétales résistant le mieux aux transformations industrielles nécessitant de très fortes températures. De plus, elle ne comporte pas de risques allergisants.
Rentable et pratique… voilà les clefs du succès de cette huile.

niveau de saturation des huiles végétales

composition des huiles alimentaires

Mais alors pourquoi mon moteur de recherche préféré me ramène t’il les termes danger, risque, cauchemar écologique, boycott, mauvais pour la santé, détruit… lorsque je lui soumets ma requête « huile de palme » ?
Quels reproches lui fait-on ?
Qu’est ce qui fait le revers de la médaille ?

En réalité, c’est sa production massive qui vient impacter l’ensemble de notre écosystème du point de vue de la santé, de l’environnement, et aussi du sociétal.

L’huile de palme contient 49,3g de graisse pour 100g d’acides gras saturés néfastes, qui entraînent du cholestérol et augmente le risque de maladie cardiovasculaire. Sa surconsommation engendre un risque sanitaire.

2 millions d’hectares de forêts sont incendiés chaque année pour être remplacés par des palmeraies, l’équivalent d’un terrain de foot toutes les 15 secondes. L’Indonésie est ainsi devenue le 3ème producteur de CO2 de la planète.
Certains s’émeuvent que des espèces animales en pâtissent, comme l’orang-outan dont l’environnement naturel disparaît progressivement. Mais ce sont aussi des peuplades humaines qui vivent dans ces forêts primaires qui sont aujourd’hui contraintes de quitter leurs environnements de vie. Notre seul confort de consommation justifie t’il les violences relatées sur le site de Survival International !…

Et c’est une nouvelle fois par le boycott que le consommateur exerce son droit de pression. Alors même si je ne suis pas très fervent de l’approche, il faut bien reconnaître qu’elle porte ses fruits. Nestlé, Unilever ou Findus se sont engagés dans des logiques de production durable pour ne plus détruire de forêts primaires, négocier équitablement les terres des propriétaires d’origine, verser une rémunération décente aux exploitants, ne pas y faire travailler d’enfants… tout un ensemble de critères élaborés par la RSPO, Roundtable on Sustainable Palm Oil.
En mars 2010, Casino s’est également engagé à supprimer progressivement de ses rayons les produits alimentaires fabriqués avec de l’huile de palme, et à remplacer sa gamme non alimentaire par des références utilisant une huile de palme certifiée durable.

Voilà qui va sûrement faciliter la vie de Patrice qui, depuis que son diabète s’est déclaré, passe 40mn de ses 2h de courses à lire les étiquettes à l’aide de ses lunettes et de sa loupe.

Aucun doute que Listizy lui sera d’une aide précieuse 😉