Love money et crowdfunding comme solutions de financement d'amorçage

Love money et crowdfunding comme solutions de financement d’amorçage

crowdfundingNous ne sommes pas Crésus et il nous faut pourtant bien financer les différentes étapes du développement du bon côté des choses.
Pourtant, l’argent n’est pas la ressource la plus rare, même en ces temps difficiles pour nombre de nos concitoyens, dont nous faisons partie d’ailleurs… Non, la ressource la plus rare, c’est le temps ! Et pour s’en donner, il faut disposer de moyens. En l’occurrence d’argent. Pour acheter de la compétence, de la ressources humaine, du savoir-faire.
Vous avez vu comme d’un coup d’un seul, l’argent redevient un moyen d’atteindre un objectif, et non plus un but en soi ?  🙂
Nous nous sommes penchés dernièrement sur deux modèles de financement qui nous interpellent, car si elles demeurent « limitées », elles n’en sont pas moins de véritables sources d’amorçage. Il s’agit de la « love money » et du « crowdfunding ».

La Love Money est essentiellement constituée par les proches, les amis, la famille du ou des créateurs. Ils investissent de l’argent dans un projet ou donne de l’argent à quelqu’un en qui ils croient.

Le crowdfunding est pour sa part un financement réalisé par un groupe de particuliers qui ne connaissent pas forcément personnellement les créateurs. Ils souhaitent cependant en soutenir l’action parce qu’ils y perçoivent une résonance essentielle avec certaines de leurs valeurs et aspirations. Il peut là encore aussi bien s’agir d’investissement que de dons.

Avec Internet, le crowdfunding commence à prendre pied, même s’il peine encore à faire sa place au soleil d’un scène française un peu timide, bien que la sphère influente de blogueurs et « twitter-addicts » y soit particulièrement réceptive.

Nous avons porté un regard plus attentif à trois acteurs dont les modes de fonctionnement diffèrent.

  • Babeldoor et Ulule (tous deux dotcom) ont un mode de fonctionnement global assez approchant, sont toutes deux des jeunes pousses, février 2010 pour le premier, juillet pour le second.
    Le principe est le suivant :
    – le porteur de projet, qu’il soit artiste, écrivain, entrepreneur ou autre… soumet librement son projet sur la plateforme,
    – la plateforme qualifie et valide la validité de la demande,
    – des particuliers peuvent alors soutenir l’idée en investissant ou donnant un montant de son choix (à partir d’1€) pour atteindre l’objectif fixé par le porteur du projet.« L’appel d’offre » est ainsi ouvert à souscription pour une durée maximale jusqu’à 120 jours.
    Si la somme objectivée par le porteur est atteinte dans les temps impartis, les promesses de dons sont alors prélevées et distribuées au porteur de projet. Dans les cas contraire, l’opération est dite blanche, retour à la case départ.
    Une subtilité notoire entre les deux acteurs :
    – Babeldoor prélèvera une commission de 5% des sommes effectivement prélevées sur les comptes bancaires des donateurs,
    – Ulule ne prend aucune commission, ce n’est pas son modèle économique. Ils ont cependant un accord de promesse de dons qui passe par Paypal. Paypal pour sa part prélève une commission générale de 3,4% des montants échangés à laquelle s’ajoute 25 centimes d’euros par transaction (et non pas 0,25 centimes d’€ comme on peut le lire sur leur site !!!)
    Autre point fort et différenciant pour Ulule, son adossement aux réseaux sociaux Facebook, Twitter, myspace et sa communauté, qui élargissent le champ des possibles  et donne plus d’opportunités aux projets de réunir des contributeurs.
  • Wiseed, pour sa part, est une plateforme d’investissement destinée aux startup technologiques et aux jeunes entreprises innovantes.
    Cette fois ci l’idée est de proposer  un panel  d’entreprises en devenir à des personnes qui souhaitent investir dans  ce type de projet.
    Wiseed permet ainsi à de petits investisseurs privés peut-être peu concernés par les dispositifs ISF de la loi TEPA, d’investir à la tour des sommes plus modestes (minimum 100 euros) dans des entreprises auxquelles ils croient, afin de lui permettre d’exister et/ou de se développer.

Contrairement aux approches proposées par Ulule et Babeldoor, l’objectif reste tout de même clairement d’obtenir un retour sur investissement. Les investisseurs disposent d’actions au capital de l’entreprise.
Dans l’hypothèse où, au terme de 5 années, le projet est concrétisé et pérenne, la défiscalisation (déduction de 25% du montant investi sur son montant imposable vs 75% pour les ISF…) est acquise.

Afin de ne pas pour autant perturber la gouvernance opérationnelle de l’entreprise en multipliant le nombre de petits porteurs, Wiseed réunit les nouveaux actionnaires sur un holding investisseur qui les représente au conseil d’administration de la startup.

On imagine donc aisément que l’une ou l’autre des deux approches, Babeldoor/Ulule ou Wiseed ont des ordres d’importance assez distincts, leurs positionnements sont différents.

Un dernier point revêt cependant son pesant d’importance : afin de ne pas être sujet à la loi sur l’appel à financement public, ces dispositifs de crowdfunding restent plafonnés à 100K€.
On est donc plus vraisemblablement dans le cadre d’initiatives nécessitant relativement peu de fonds, ou dans une phase d’amorçage qui viendrait suppléer la faible intensité d’investissements en France

Références :
http://www.babeldoor.com/
http://fr.ulule.com/
http://www.wiseed.fr/wicket/web/accueil
http://crowdfunding.typepad.com/

  • Pingback: Les tweets qui mentionnent Love money et crowdfunding comme solutions de financement d’amorçage « le blog du bon côté des choses -- Topsy.com()

  • Bonjour

    Dans le cadre de votre tour d’horizon, j’attire votre attention sur FriendsClear.com, le premier site d’intermédiation entre internautes prêteurs et internautes emprunteurs en vue de lancer ou développer leur projet professionnel.

    Il ne s’agit pas ici de prendre part au capital (toutes les entreprises ne s’y prêtent pas) mais de prêter de l’argent, sur 3 ans, avec un taux d’intérêt (actuellement de 4,50 %).

    Lancé début 2010, FriendsClear propose aux internautes, porteurs d’un projet professionnel (et quelle que soit leur forme juridique), de présenter leur projet ainsi que leur profil personnel et leurs motivations sur notre site. Les internautes sont invités à regarder les projets, poser des questions en direct au futur chef d’entreprise, échanger avec lui ou elle et entre eux, puis sélectionner un projet et décider de prêter (à partir de 100 Euros).

    Nous avons déjà permis de boucler, avec succès et en très peu de temps, une dizaine de projets.
    Nous travaillons en partenariat technique avec le Crédit Agricole qui assure notre « back office ». C’est donc une activité parfaitement réglementée au plan financier, contractuel et fiscal.

    Merci pour votre attention.

    Catherine / http://www.friendsclear.com

    • Bonjour Catherine,
      Nous avions en effet noté avec intérêt cette nouvelle activité lancée par friendsclear, ainsi que le britannique Zopa qui devrait prochainement proposer une offre sur le territoire français.
      Vivement que cette nouvelle approche du financement « social » dont prosper est un peu le chevalier blanc aux USA face des émules chez nous.
      Ce qui serait aussi très bien, ce serait de ne pas avoir à contraindre un entrepreneur à contracter un engagement auprès d’un établissement bancaire qu’il n’a pas choisi…
      Peut-être dans une V2, qui sait 😉
      @ très prochainement donc de découvrir la démocratisation de cette offre !

  • Lionel

    Hello !

    Sympa cet article 🙂

    Pour aller plus loin, voici un petit topo sur le crowdfunding.

  • Jean-Claude MORAND

    Attention la déductibilité des montants investis (25% pour l’IRPP et 75% pour l’ISF) sont remis en cause par le projet de loi de finance 2011. Les taux devraient baisser et la durée de détention des parts pourrait être portée à 10 ans… Autant investir avant le 31/12/2010 pour ceux qui en ont la possibilité. Tout cela sera sans doute repris lors de la journée de Savoie-Angels du 3 décembre à la Traverse à Technolac.